Monday, September 12, 2005

Je crée des post-croûtes


"Autoportrait à l'âge de 82ans", 2002
Huile sur toile
100x81cm

Ma recherche artistique répond à une logique trinitaire. Le point de départ, c’est le réalisme. Consistant à rendre les choses telles que je les perçois. Il ne s’agit pas de dessiner fidèlement et scientifiquement, mais de faire en sorte que tous ceux qui ont déjà vu une pomme sache que ce qui est dessiné est réellement une pomme, et non pas une pomme de terre ou un éléphant informe. Le réalisme dans ma création est cette capacité artistique à rendre réelle la vérité immédiate, urgente.
Le deuxième point de ma recherche artistique est le surréalisme. Lequel met en scène notre pomme, et l'invite à adopter des rôles inattendus, imprévisibles... qui trahissent sa nature de pomme, ou la dévoile autrement. Ainsi, ce n’est plus forcément un fruit qui est représenté. Ce n’est plus forcément une pomme. Même si picturalement, ceux qui ont déjà vu une pomme la reconnaissent encore en tant que telle. Le surréalisme apporte à mon univers créatif, une force d’imagination, et une part majestueuse de rêve, de transcendance, d’hallucination, de vision, de phantasme, d’hystérie, voire de névrose. Me voilà de la sorte en pleine euphorie, comme sous l’effet de l’ivresse, totalement torché, en transe... Prenant une pomme pour un sexe de femme, bandant volontiers, rien qu’en dégustant la pompe. C’est un peu limite comme image. Mais c’est ainsi que je ressens et traduis le surréalisme.
Le troisième élément de mon travail est un concept plus intime, très personnel. Ce complément que j’introduis dans ma recherche artistique, c’est le sous-réalisme. Une réalité invisible, mais réelle, fondamentale, profonde, incontournable, inévitable qui sous-tend la vérité viisble, immédiate. Sans le sous-réalisme, il n’y a ni vérité ni transcendance dans ma création. Si nous devons garder l’exemple de la pomme, le sous-réalisme pose la question cruciale de la réalité vitale de la pomme ; sa réalité souterraine liée au pommier, liée à la sève qui nourrit le pommier, nourrissant par conséquent notre future pomme, la faisant pomme, la faisant autre. Le sous-réalisme détermine sa vie avant d’être pomme, son existence future de pomme, sa texture, son poids, la couleur de sa texture, son goût, sa valeur, même après qu’elle ait été achetée, jetée parce que pourrie, ou consommée. Le sous-réalisme conditionne le destin de la pomme, jusqu’à son dernier état de dégradation, et même après. Le sous-réalisme est la réalité essentielle, capitale, spirituel qui donne un bastion à chacun d’entre nous. Cela peut s’agir du karma, du dharma, du sort, des ancêtres, de l’incarnation, voire la réincarnation. A vrai dire, c’est un concept que je continue à élaborer jusqu’à l’affiner au plus près.

2 Comments:

Anonymous Anonymous said...

belles création je poste ici parce que celle-là est ma préférée ...

3:49 AM  
Anonymous Anonymous said...

je trouve ta peinture si ouverte sur son temps et si vivante

6:23 AM  

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